Pourquoi nous existons

       Le 26 avril 1986, l'un des réacteurs de la centrale nucléaire de Tchernobyl explosait, libérant
dans l'atmosphère une quantité exceptionnelle de radioactivité.
Aujourd’hui, la polémique sur l'ampleur réelle de la plus grande catastrophe nucléaire
civile de l'histoire est encore loin d'être close…

Il est difficile de s'accorder sur un bilan humain car il concerne un
nombre de personnes dispersées sur toute l’Europe mais
également sur les anciens territoires de l’ex-union soviétique.
Car en plus des liquidateurs (lespersonnes qui sont intervenues sur le
site juste après l'accident)et des résidentsdes territoires fortement contaminés,
des millions de personnes ont été exposées à de faibles doses de rayonnement.

En effet, après l'explosion de la centrale, le nuage radioactif s'est déplacé au gré du vent. On
estime aujourd'hui qu'il a recouvert près de 40% de l'Europe. Selon Wladimir Tchertkoff, qui a filmé la
conférence de l'OMS à KIEV en 2001, le nombre avancé par les associations des liquidateurs de
un million d’adultes sains, - âge moyen 33 ans, - appelés de toute l'Union Soviétique à éteindre
l’incendie , à construire le "sarcophage" et à décontaminer les territoires, est crédible : les registres
et les informations concernant la catastrophe de Tchernobyl étaient couverts du secret d'état
pendant les 4 premières années (les dernières de l'existence de l'URSS), et les doses d'irradiation
qu'ils ont reçues étaient systématiquement diminuées.

Aujourd’hui les chiffres affichés sur les sites internet de l’ONU varient
entre 600 000 et 800 000 hommes engagés.
La moitié était représentée par de
jeunes militaires de l'armée soviétique, les autres étaient techniciens,
maçons, mineurs, pilotes, conducteurs.  [...]. Les survivants de cette armée
sont dispersés sur les 11 fuseaux horaires de l'ex-Union Soviétiques,nombreux sont inconnus
des statisticiens et grâce à la désinformation, planifiée conjointement par le
Krémlin et par les agences nucléaires de l'ONU, ils ne savent
pas pourquoi ils sont malades et de quoi ils meurent si jeunes.
D’autre part, certains radioéléments échappés de Tchernobyl
sont toujours actifs. Parmi eux, le césium 137, considéré comme l'un des plus nocifs, possède une
demi-vie d'environ trente ans.

Conséquence :
5 millions de Biélorusses et d'Ukrainiens vivent encore dans des territoires contaminés
à plus de 37 kBq/m² et 400 000 d'entre eux sont exposés à des doses dépassant 555 kBq/m²
(en France, la contamination des sols est en moyenne de 3 à 4 kBq/m²).


En outre, en plus d'une contamination externe, il existe aussi une contamination interne, via les
aliments. Par exemple, 15% du lait contrôlé en Biélorussie dépasse le niveau autorisé en césium
137.Certains scientifiques, dont le professeur Yuri Bandazhevsky*, ancien recteur de la faculté de Médecine
de Gomel ont démontré que les rayonnements créaient une instabilité génétique qui pourrait
continuer à s'exprimer dans les générations à venir. En effet, des études portant sur les enfants
nés après l'accident de Tchernobyl de parents contaminés ont montré un taux de mutations de leur ADN
deux fois plus élevé
que la moyenne. Par ailleurs, d'autres études sur des rongeurs ont également
révélé que ces mutations se compliquaient et s'aggravaient au fil des générations.

*Yu. I. Bandazhevsky, « Chronic Cs 137 Incorporation in Children’s Organs » Swiss Med Weekly, 133, 2003